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Nouvelles académiques, 19 mai

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Australie : les veto ministériels sur des subventions de recherche relancent le débat sur la sécurité nationale

En Australie, la décision du ministre de l’Éducation Jason Clare de bloquer 13 projets de recherche approuvés ou présélectionnés par l’Australian Research Council, pour des motifs de sécurité nationale, provoque une vive inquiétude dans les milieux universitaires. Le problème ne tient pas seulement au refus lui-même, mais aussi à l’opacité de la procédure et aux retards qu’elle entraîne pour des centaines de chercheurs. Selon Times Higher Education, des candidats au programme Linkage Projects ont attendu environ six mois après la sélection des projets, tandis que l’ARC semble désormais retarder des tours entiers de financement dès que quelques dossiers soulèvent des questions de sécurité. L’affaire illustre une tension de plus en plus forte entre ouverture scientifique, collaboration internationale et contrôle des recherches à double usage, notamment dans des domaines comme les drones, la cybersécurité ou les technologies sensibles. (Times Higher Education (THE))

Royaume-Uni : le régulateur anglais renonce à faire appel dans l’affaire Sussex sur la liberté d’expression

L’Office for Students, régulateur anglais de l’enseignement supérieur, a annoncé qu’il ne ferait pas appel d’un jugement de la High Court annulant son amende record de 585 000 livres contre l’Université du Sussex. L’affaire portait sur la manière dont Sussex aurait traité les questions de liberté d’expression et de liberté académique autour du départ de Kathleen Stock, universitaire associée aux débats sur le genre. Le tribunal avait jugé que le régulateur avait outrepassé ses pouvoirs et avait abordé le dossier avec un esprit fermé. Le choix de ne pas poursuivre la bataille judiciaire est présenté par l’OfS comme une volonté de tirer les leçons du jugement et de préparer ses futurs outils de régulation, notamment un mécanisme de plaintes sur la liberté d’expression. Cette décision est importante parce qu’elle pourrait influencer la manière dont les universités britanniques formulent leurs politiques d’égalité, de diversité et de liberté académique. (Times Higher Education (THE))

États-Unis : les bourses Pell vont s’ouvrir aux formations courtes orientées vers l’emploi

Le Département américain de l’Éducation a publié la règle finale créant le programme Workforce Pell, qui permettra à partir du 1er juillet 2026 d’utiliser les bourses fédérales Pell pour certaines formations courtes menant à des emplois qualifiés, bien rémunérés ou très demandés. Jusqu’ici, les Pell Grants étaient surtout associées aux diplômes universitaires classiques de premier cycle ; la réforme ouvre l’aide à des programmes de huit semaines ou plus, sous réserve d’approbation et d’indicateurs de performance. Les programmes devront notamment démontrer des résultats en matière d’achèvement et d’insertion professionnelle. L’administration présente cette réforme comme un moyen de réduire l’endettement étudiant et de rapprocher l’enseignement supérieur des besoins du marché du travail. Les critiques portent surtout sur la capacité des États et des établissements à produire des données fiables, ainsi que sur le risque de détourner certains étudiants de parcours diplômants plus longs. (U.S. Department of Education)

Intelligence artificielle : les étudiants utilisent massivement les outils génératifs, mais vérifient insuffisamment leurs résultats

Une enquête du King’s Institute for Artificial Intelligence et du Policy Institute de King’s College London montre que les étudiants universitaires utilisent l’IA beaucoup plus fréquemment que la population générale, mais qu’ils restent exposés aux erreurs et hallucinations. Selon l’étude rapportée par Times Higher Education, 56 % des étudiants interrogés disent utiliser l’IA plusieurs fois par semaine, et 85 % de ceux qui l’utilisent ont déjà constaté des problèmes dans les contenus produits. Les erreurs factuelles et les sources ou statistiques inventées figurent parmi les difficultés les plus signalées. Pourtant, seulement 15 % disent toujours vérifier les résultats, et 28 % les vérifient habituellement. L’enquête révèle aussi une grande confusion institutionnelle : environ un tiers des étudiants se sentent encouragés à utiliser l’IA, un autre tiers découragés, et les autres ne reçoivent pas de consignes claires. (Times Higher Education (THE))

Afrique du Sud : la crise du NSFAS menace l’accès équitable à l’université

Le National Student Financial Aid Scheme sud-africain, qui finance les frais de scolarité et de subsistance des étudiants défavorisés, a été de nouveau placé sous administration, pour la deuxième fois en moins d’une décennie. Le ministre de l’Enseignement supérieur Buti Manamela a invoqué des faiblesses de gouvernance, des problèmes informatiques, des appels étudiants non résolus et des défaillances dans la supervision du logement étudiant. La crise est majeure car le NSFAS est l’un des principaux instruments d’élargissement de l’accès universitaire en Afrique du Sud, en particulier pour les étudiants noirs et issus de milieux modestes. Mais plusieurs universitaires jugent que son modèle actuel n’est plus soutenable : son financement est passé d’environ 27 milliards de rands en 2019 à plus de 54 milliards en 2024, sans que la capacité administrative suive. La question centrale est désormais de réformer sans réduire l’accès aux études. (Times Higher Education (THE))

Royaume-Uni–Union européenne : le retour britannique dans Erasmus+ est présenté comme un symbole de reconnexion académique

Lors de l’Education World Forum à Londres, la ministre britannique de l’Éducation Bridget Phillipson a salué le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ comme un moyen de créer de nouveaux liens entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le Royaume-Uni avait quitté ce programme après le Brexit, et son retour en 2027 est désormais présenté comme un élément majeur du rapprochement éducatif et diplomatique avec l’Europe. Selon le gouvernement britannique, plus de 100 000 personnes pourraient bénéficier du programme dès la première année, y compris des étudiants, apprentis, établissements scolaires et organisations impliquées dans des projets transfrontaliers. Cette actualité dépasse la mobilité étudiante : elle marque aussi le retour partiel du Royaume-Uni dans une architecture européenne de coopération éducative, après plusieurs années de séparation institutionnelle. (Times Higher Education (THE))

Europe et pays associés : les universités demandent un accès immédiat au prochain programme-cadre de recherche

Des groupes représentant des universités de recherche au Royaume-Uni, en Suisse, au Canada et en Nouvelle-Zélande ont demandé un accès « dès le premier jour » au prochain programme-cadre européen de recherche, successeur d’Horizon Europe. Leur crainte est que des retards d’association, comme ceux observés dans l’actuel programme, affaiblissent les collaborations scientifiques dans des domaines stratégiques tels que le climat, les technologies avancées ou la sécurité. Le futur programme, souvent appelé FP10, devrait couvrir la période 2028-2034 et pourrait disposer d’un budget proposé de 175 milliards d’euros. Les universités demandent un dispositif ouvert, stable, centré sur la recherche, avec moins d’exclusions thématiques et une protection renforcée de la recherche fondamentale, de l’ERC et des actions Marie Skłodowska-Curie. L’enjeu est de savoir si l’Europe élargira ou resserrera son espace scientifique. (Times Higher Education (THE))

Nouvelle-Zélande : les inscriptions internationales universitaires atteignent un niveau record

Les universités néo-zélandaises ont accueilli en 2025 un nombre record d’étudiants internationaux, signe d’un repositionnement réussi après les fermetures de frontières liées à la pandémie. Les huit universités du pays ont totalisé environ 38 000 inscriptions étrangères, soit 14 % de plus qu’en 2024 et 12 % de plus que lors du pic prépandémique de 2019. La part des universités dans l’ensemble des inscriptions internationales a aussi fortement progressé, passant de 29 % en 2019 à 41 % en 2025. Cette évolution montre que la Nouvelle-Zélande mise de plus en plus sur des formations de niveau supérieur et sur une image de qualité, plutôt que sur une croissance massive dans des segments plus fragiles. La Chine reste de loin le principal pays d’origine, suivie de l’Inde et des États-Unis. Dans un marché mondial instable, la Nouvelle-Zélande semble profiter des restrictions ou incertitudes dans d’autres destinations anglophones. (Times Higher Education (THE))

Royaume-Uni : King’s College London et Cranfield University annoncent un projet de fusion

King’s College London et Cranfield University ont annoncé leur intention de fusionner d’ici août 2027, dans l’un des rapprochements institutionnels les plus importants récemment observés dans l’enseignement supérieur britannique. Cranfield, établissement spécialisé de troisième cycle reconnu pour l’aéronautique, la défense, l’ingénierie, la gestion et ses liens industriels, deviendrait partie intégrante de King’s, l’une des plus grandes universités britanniques. Les dirigeants présentent l’opération comme une stratégie ambitieuse de complémentarité plutôt que comme une simple réponse défensive à la crise financière du secteur. Mais le contexte est difficile : les universités britanniques font face à la hausse des coûts, à la fragilité du recrutement international et à une pression croissante sur les modèles économiques. Cranfield avait enregistré un déficit avant impôts de 8,2 millions de livres en 2024-2025, après un excédent l’année précédente. (Times Higher Education (THE))

Argentine : de grandes manifestations dénoncent les coupes budgétaires dans les universités publiques

En Argentine, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre les coupes budgétaires imposées au système universitaire public par le gouvernement de Javier Milei. Les universités publiques argentines, gratuites depuis 1949, occupent une place centrale dans l’identité éducative du pays et ont formé plusieurs lauréats du prix Nobel. Les protestataires estiment que l’austérité menace la qualité de l’enseignement, les salaires des professeurs, la recherche et l’égalité d’accès. Selon l’Associated Press, les salaires universitaires corrigés de l’inflation auraient fortement chuté depuis l’arrivée de Milei au pouvoir, et de nombreux chercheurs auraient déjà quitté les institutions publiques. Le conflit est aussi juridique et politique, car le gouvernement a résisté à une loi du Congrès visant à augmenter le financement universitaire et les rémunérations. C’est l’un des grands foyers actuels de contestation universitaire en Amérique latine. (AP News)

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